La progression fiscale signifie que le taux d’imposition augmente avec le revenu imposable. Qui gagne davantage paie donc en général non seulement plus d’impôts en valeur absolue, mais aussi un taux plus élevé sur chaque tranche de revenu supplémentaire.
Il faut distinguer le taux moyen du taux marginal. Le taux moyen indique quelle part du revenu imposable total part en impôts. Le taux marginal indique à quel point le prochain franc gagné est imposé.
En Suisse, la progression s’applique à l’impôt fédéral direct ainsi qu’aux impôts cantonaux et communaux sur le revenu. Son ampleur dépend entre autres du lieu de domicile, du revenu, de l’état civil et des déductions possibles.
Elle joue un rôle particulier dans la prévoyance. Les versements au pilier 3a sont déductibles du revenu imposable. Plus le taux marginal est élevé, plus l’économie d’impôt immédiate d’un versement peut être importante.
La progression compte aussi au moment du retrait. Les prestations en capital du deuxième pilier et du pilier 3a sont imposées séparément du reste du revenu, à un taux réduit. Des retraits importants peuvent toutefois être plus lourdement taxés en raison de la progression. Il peut donc être judicieux d’échelonner le retrait de plusieurs avoirs de prévoyance sur différentes années fiscales.
La progression fiscale ne veut donc pas simplement dire que les hauts revenus paient plus d’impôts. L’essentiel est que chaque franc supplémentaire peut être imposé différemment. En matière d’impôts, un franc n’est pas toujours qu’un franc. Tout dépend parfois de l’endroit où il se situe sur la courbe fiscale.