Avancement d’hoirie ou donation, que faut-il prévoir?
Aider un enfant à devenir propriétaire ou à lancer son activité peut être plus utile aujourd’hui qu’un héritage dans vingt ans. Encore faut-il préciser ce que cette aide représentera au moment du partage.
L’avancement d’hoirie est une libéralité consentie à valoir sur une future part successorale. La donation désigne, plus largement, une transmission sans contrepartie. Les deux notions peuvent donc se recouper. Écrire «cadeau» ne suffit pas à régler la question successorale.
L’essentiel en bref
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L’avancement d’hoirie et la donation permettent de transmettre des biens de son vivant.
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L’avancement d’hoirie est en principe imputé sur la part successorale de la personne bénéficiaire.
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Une donation peut également être soumise au rapport successoral, selon la loi et les dispositions prises.
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Une dispense expresse de rapport ne supprime pas la protection des réserves héréditaires.
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Les formalités diffèrent entre une donation déjà exécutée, une promesse de donner et une transmission immobilière.
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La fiscalité et les obligations de déclaration doivent être examinées séparément.
Ce qui compte au moment de la succession
Le rapport successoral permet de tenir compte de certaines libéralités antérieures lors du partage. Pour les descendantes et descendants, il concerne notamment des libéralités ayant un caractère de dotation, comme une aide à l’établissement, ainsi que certaines cessions de biens et remises de dettes. Une dispense expresse reste possible.
Le montant rapporté s’impute sur la part successorale. Celle-ci ne doit pas être confondue avec la réserve héréditaire, qui constitue la part minimale protégée par la loi.
Les principes figurent à l’article 626 du Code civil suisse. Notre blog consacré au rapport des avancements d’hoirie en explique le calcul.
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Point à clarifier |
Avancement d’hoirie |
Donation |
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Moment de la transmission |
Du vivant de la personne qui donne |
Du vivant de la personne qui donne |
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Personne bénéficiaire |
Une personne appelée à hériter |
Toute personne ou organisation |
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Prise en compte lors du partage |
En principe imputé sur la part successorale |
Selon la loi et les dispositions prises |
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Protection des réserves |
Reste applicable |
Reste applicable si la libéralité est sujette à réduction |
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Conséquences fiscales |
Selon le droit fiscal applicable |
Selon le droit fiscal applicable |
Même versement, effets différents
Un père verse 100 000 francs à sa fille pour l’achat d’un appartement. S’il souhaite que cette somme soit déduite de sa future part successorale, il le précise expressément.
S’il entend au contraire lui accorder un avantage supplémentaire, il peut prévoir une dispense de rapport. Il faut alors vérifier que la réserve héréditaire de son fils reste respectée.
Le montant reçu est identique. Ce sont les conséquences lors du partage qui changent. Une convention claire permet de conserver la trace de l’intention initiale, sans dépendre des souvenirs de chacun.
Pour un immeuble, la question de l’évaluation mérite aussi d’être réglée. Le rapport se calcule en principe d’après la valeur au décès, et pas automatiquement d’après celle au jour de la transmission. Une dette hypothécaire reprise, une contrepartie ou un droit d’usage réservé peuvent influencer le calcul.
Mettre les intentions par écrit
Une donation d’argent déjà exécutée ne nécessite en principe pas de contrat écrit. Un document reste pourtant précieux pour établir ce qui a été convenu.
Une simple promesse de donner est, en revanche, soumise en principe à la forme écrite. Pour une donation immobilière, il faut respecter les exigences de l’acte authentique et de l’inscription au registre foncier. Les règles de forme en matière de donation sont présentées dans cette synthèse juridique en allemand.
Le document devrait identifier les parties, le bien ou le montant transmis, les éventuelles contreparties et le traitement prévu dans la succession. Vérifiez sa cohérence avec les testaments et pactes successoraux existants. Une simple quittance ne suffit pas pour organiser une renonciation contraignante à des droits successoraux.
Réserves héréditaires et fiscalité restent à examiner
Le rapport et la réduction ont des fonctions distinctes. Le premier tient compte de certaines libéralités lors du partage. La seconde permet de protéger une réserve héréditaire lésée.
Une donation dispensée de rapport peut donc rester exposée à une réduction si les conditions légales sont réunies. Les notariats zurichois détaillent cette distinction, en allemand.
Sur le plan fiscal, appeler une transmission «avancement d’hoirie» ne la rend pas exonérée. Le canton compétent, le lien de parenté et la valeur des biens sont notamment déterminants. Les descendantes et descendants bénéficient d’exonérations dans de nombreux cantons, sans qu’il existe une règle uniforme et absolue pour toute la Suisse.
Il faut également vérifier les obligations de déclaration. À titre d’exemple, le canton de Berne présente ses règles concernant les successions et donations.
Pour les marraines et parrains, une précision compte particulièrement. Le lien de parrainage ne crée à lui seul ni droit légal à la succession ni traitement fiscal équivalent à celui d’un enfant. Notre blog sur les donations aux filleules et filleuls aborde ces situations.
Questions fréquentes
Le mot «donation» suffit-il pour éviter le rapport?
Non. Lorsqu’une libéralité est soumise au rapport, une dispense doit être expresse. Le titre donné au document ne remplace pas une disposition claire.
Faut-il donner la même somme à tous ses enfants en même temps?
Non. Les besoins peuvent survenir à des moments différents. Il faut toutefois clarifier la prise en compte des aides lors du partage et préserver les droits protégés par la loi.
Le rôle croissant de cette «Bank of Mum and Dad» est analysé dans notre blog sur l’inheritocracy.
Puis-je récupérer l’argent donné si j’en ai besoin?
Un besoin financier ultérieur ne suffit pas, à lui seul, à obtenir la restitution. Celle-ci suppose des conditions légales particulières ou un droit de retour valablement convenu. Avant de transmettre, veillez donc à préserver votre propre sécurité financière.
Un prêt peut-il être une autre solution?
Un véritable prêt reste remboursable. La créance appartient en principe à la personne qui prête, puis éventuellement à sa succession. Si la dette est ensuite remise, les conséquences successorales et fiscales doivent être réexaminées.
Disclaimer: ce blog présente des informations générales sur le droit suisse des donations et des successions. Il ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou en prévoyance personnalisé. Les conséquences dépendent notamment de la situation familiale, des conventions, des biens transmis et du droit fiscal cantonal. L’exemple est simplifié. Faites examiner toute transmission importante et ses effets sur les réserves par une personne qualifiée, en préservant votre propre sécurité financière. Malgré une recherche soignée, Descartes ne garantit pas l’exactitude, l’exhaustivité ou l’actualité du contenu. Le droit et la pratique peuvent évoluer. Toute responsabilité est exclue dans les limites légales.