Placer judicieusement ses avoirs de libre circulation : pourquoi l'inaction coûte cher et pourquoi la performance nette est déterminante
Près de 69,6 milliards de francs étaient déposés sur des avoirs de libre passage en Suisse à la fin de 2025. Pourtant, une grande partie de ce capital reste placée à un rendement proche de zéro.
Dans le comparatif d'Evaluno, Descartes se classe premier en termes de performance sur cinq ans dans deux catégories d'actions, tout en figurant parmi les prestataires les plus compétitifs en matière de frais. Une raison supplémentaire de s'intéresser de près aux avoirs de libre passage.
Si nous installions des panneaux solaires sans jamais les raccorder au réseau pendant dix ans, nous nous demanderions sans doute combien d'électricité – et donc de revenus – nous avons laissés filer.
Pour les avoirs de libre passage, ce manque à gagner semble susciter beaucoup moins d’attention.
Fin 2025, les avoirs de libre passage en Suisse s'élevaient à près de 69,6 milliards de francs. Parmi eux, 74% étaient placés sur des comptes classiques pratiquement sans intérêts, tandis que 26% seulement étaient investis dans des solutions en titres.
Plus de la moitié des comptes de libre passage détenus auprès des banques étaient ouverts depuis plus de cinq ans.
Un constat étonnant.
Une solution pensée comme provisoire finit ainsi souvent par devenir permanente. Une partie importante du potentiel reste ainsi inexploitée.
0,08% par an: peut-on encore parler de rendement?
Selon Evaluno, le taux d’intérêt moyen des comptes de libre passage analysés s’élève actuellement à seulement 0,08% par an. La grande majorité des établissements ne verse pas plus de 0,10%.
Un compte peut pourtant constituer la bonne solution, par exemple lorsque le capital doit être utilisé prochainement pour la retraite, l’acquisition d’un logement ou un transfert vers une nouvelle caisse de pension.
En revanche, lorsque l’horizon de placement est de longue durée, la situation est tout autre.
Prenons l'exemple d'un avoir de 200 000 francs et supposons un rendement net annuel de 5%. Après dix ans, un dépôt de libre passage atteindrait environ 325 800 francs. Placé sur un compte rémunéré à 0,08%, ce même capital n'atteindrait qu'environ 201 600 francs.
L’écart s’élève ainsi à près de 124 100 francs. Après vingt ans, il atteindrait même environ 327 400 francs.
Bien entendu, un rendement annuel de 5% n'est jamais garanti. Mais cet exemple illustre une réalité fondamentale: ne pas investir constitue aussi une décision d’investissement.
Mieux vaut un dépôt… à condition que les frais restent raisonnables
Evaluno a analysé 251 produits de libre passage proposés par 31 prestataires suisses. Les coûts annuels totaux s'échelonnent entre 0,40% et 1,71%, frais de produit, droits de garde, frais de dépôt et autres frais récurrents compris.
Une différence d'un point de pourcentage peut sembler anodine. Les intérêts composés racontent toutefois une autre histoire.
Avec un capital initial de 200 000 francs, l'écart entre le prestataire le moins cher et le plus coûteux atteint environ 31 500 francs après dix ans, en supposant un rendement brut identique.
Après vingt ans, cet écart approche les 100 000 francs. Non pas grâce à une prévision boursière particulièrement brillante, mais uniquement en raison des frais.
C'est le revers moins séduisant des intérêts composés: les frais se capitalisent également. Simplement au bénéfice de quelqu'un d'autre.
Les prestataires numériques proposent les tarifs les plus bas
Il est frappant de constater que les solutions de prévoyance numériques figurent parmi les moins coûteuses du marché. Descartes se classe 5e sur les 31 prestataires étudiés, avec un taux moyen de 0,684%.
Ce n’est pas un hasard. Les processus numériques, les instruments de placement rentables et les architectures de produits allégées ont en effet transformé la prévoyance. Un bel immeuble bancaire peut faire bonne impression. Mais son architecture n’a pratiquement aucune incidence sur l’effet des intérêts composés.
Des frais bas, c’est bien. Un rendement net élevé, c’est mieux
Les frais ne constituent toutefois qu'une partie de l'équation. Ce qui compte réellement, c’est le rendement obtenu après déduction des coûts, en fonction du risque assumé.
L'analyse d'Evaluno met également en évidence un autre élément important: les performances nettes obtenues.
Dans la catégorie des portefeuilles investis entre 81% et 100% en actions, Descartes Index Responsible 100 affiche une performance nette cumulée de 40,87% sur cinq ans, ce qui en fait le meilleur du classement. Les frais annuels totaux (TER compris) s'élèvent à 0,684%.
Même constat dans la catégorie comprenant entre 61% et 80% d'actions: Descartes Index Responsible 80 se classe également premier, avec une performance cumulée de 37,95% sur cinq ans, pour des frais annuels de 0,67%.
Les deux portefeuilles occupent ainsi la première place de leur catégorie dans le comparatif d'Evaluno.
Le libre passage ne devrait pas rimer avec immobilisme
L’analyse d’Evaluno met en évidence deux enseignements essentiels: les frais comptent. Mais le temps compte encore davantage.
Les personnes disposant d'un horizon de placement à long terme ont donc tout intérêt à se demander si un compte de libre passage faiblement rémunéré est réellement la meilleure solution, ou s'il s'agit simplement d'un compte ouvert un jour, puis oublié.
Le fait que Descartes figure parmi les prestataires les plus compétitifs en matière de coûts et que ses stratégies Index Responsible 100 et Index Responsible 80 affichent la meilleure performance sur cinq ans dans leurs catégories respectives est naturellement une excellente nouvelle.
Mais l'enseignement principal est ailleurs.
Le capital de prévoyance bénéficie souvent d'un horizon d'investissement particulièrement long. Sur les marchés financiers, le temps est une ressource précieuse, capable de créer une valeur considérable.
Encore faut-il lui en laisser le temps.
À l'image d'une installation solaire, un capital de prévoyance ne peut produire tout son potentiel tant qu'il reste inexploité.