Plan de prélèvement à la retraite: comment bien utiliser son patrimoine?
Avec la retraite, une question financière fondamentale change de sens. Pendant des décennies, l’objectif consistait à constituer un patrimoine. Désormais, il faut déterminer comment utiliser ce capital au cours des années à venir.
Un plan de prélèvement offre une solution: une partie du patrimoine reste investie tandis que des montants fixes ou flexibles sont régulièrement retirés.
Cette approche offre une grande liberté.
Mais elle comporte aussi des risques.
Car la durée de vie du patrimoine ne dépend pas uniquement du montant retiré. Le rendement, l’inflation, la stratégie de placement, les frais et surtout l’ordre dans lequel surviennent les bonnes et les mauvaises années boursières jouent également un rôle.
Un bon plan de prélèvement ne répond donc pas uniquement à la question:
«Combien aimerais-je retirer chaque année?»
Il doit surtout répondre à celle-ci:
«Combien puis-je retirer durablement sans prendre un risque qui ne correspond plus à ma situation?»
En bref
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Un plan de prélèvement combine placement et retraits: une partie du patrimoine reste investie tandis que des montants sont régulièrement prélevés.
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Le niveau des retraits est déterminant: plus les prélèvements sont élevés par rapport au patrimoine, plus le capital risque de s’épuiser rapidement.
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Le rendement ne fait pas tout: l’inflation, les frais et surtout l’ordre des bonnes et mauvaises années boursières influencent la viabilité du plan.
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La règle des 4 pour cent constitue un point de repère, pas une garantie. Elle doit être adaptée à la situation personnelle.
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La stratégie de placement reste importante après la retraite: prendre trop de risques peut être problématique, mais une stratégie trop défensive peut également éroder le pouvoir d’achat à long terme.
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La flexibilité est un atout: les retraits peuvent être adaptés aux besoins financiers et à l’évolution du patrimoine.
Qu’est-ce qu’un plan de prélèvement?
Un plan de prélèvement est une stratégie structurée permettant d’utiliser progressivement son patrimoine sur une période déterminée.
Au lieu de consommer immédiatement l’ensemble du capital disponible, une partie du patrimoine reste investie.
Des montants sont ensuite prélevés régulièrement, par exemple chaque mois, chaque trimestre ou chaque année.
L’objectif peut prendre différentes formes.
Préservation du capital: les retraits doivent autant que possible être financés par les revenus et rendements du patrimoine.
Consommation contrôlée du capital: le patrimoine peut diminuer progressivement sur une période planifiée.
Prélèvements flexibles: les montants sont adaptés aux besoins et à l’évolution du portefeuille.
Aucune de ces approches n’est automatiquement meilleure.
La solution appropriée dépend de la situation financière, des autres revenus et des objectifs personnels à la retraite.
La dimension psychologique compte également. Après des décennies consacrées à épargner, voir son patrimoine diminuer volontairement peut être plus difficile qu’il n’y paraît. Nous abordons cet aspect plus en détail dans notre article sur la crainte de consommer son capital à la retraite.
Comment fonctionne un plan de prélèvement?
Dans sa forme la plus simple, un plan de prélèvement repose sur trois éléments.
1. Le patrimoine de départ
Il faut d’abord déterminer quel patrimoine sera disponible pour financer la retraite.
Ce capital peut provenir de différentes sources et doit être considéré avec les autres revenus réguliers, notamment l’AVS et la caisse de pension.
2. La stratégie de placement
La partie du patrimoine qui n’est pas nécessaire immédiatement peut rester investie.
La composition appropriée dépend notamment de l’horizon d’investissement, de la capacité financière à supporter les risques et de la disposition personnelle à accepter les fluctuations.
Chez Descartes, ces éléments sont également pris en compte lors de la détermination du profil d’investissement.
3. Les prélèvements
Des montants sont régulièrement retirés du portefeuille pour financer le coût de la vie ou d’autres dépenses.
C’est l’interaction entre ces trois éléments qui compte.
Des retraits plus importants réduisent plus rapidement le patrimoine.
Dans le même temps, le rendement, l’inflation, les frais et l’évolution des marchés déterminent combien de temps le capital peut effectivement durer.
Exemple: comment fonctionne un plan de prélèvement avec 1 million de francs?
Prenons un exemple volontairement simplifié.
Au début de la retraite, vous disposez d’un patrimoine de 1 000 000 francs.
Selon le taux de prélèvement initial, les montants suivants seraient retirés la première année:
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Taux de prélèvement initial |
Retrait la première année |
Par mois |
|---|---|---|
|
3% |
30 000 francs |
2 500 francs |
|
4% |
40 000 francs |
env. 3 333 francs |
|
5% |
50 000 francs |
env. 4 167 francs |
Cette comparaison montre uniquement le montant du premier prélèvement.
Elle ne dit absolument pas combien de temps le patrimoine durera.
Pour le savoir, il faudrait notamment tenir compte du rendement futur, de l’inflation, des frais, des impôts, de la composition du portefeuille et des éventuelles adaptations des retraits.
Un taux de prélèvement de cinq pour cent n’est donc pas simplement «deux points de plus» qu’un taux de trois pour cent.
Sur plusieurs décennies, la différence peut devenir considérable.
Qu’est-ce que la règle des 4 pour cent?
La fameuse règle des 4 pour cent est souvent utilisée comme point de repère pour les plans de prélèvement.
Dans sa version simplifiée, elle fonctionne ainsi:
La première année, vous retirez quatre pour cent du patrimoine initial.
Les années suivantes, le montant du retrait est adapté à l’inflation.
Avec un patrimoine initial de 1 million de francs, le premier retrait serait donc de 40 000 francs.
Avec une inflation supposée de deux pour cent, le retrait passerait à 40 800 francs la deuxième année.
Nous expliquons en détail le fonctionnement, l’origine et les limites de cette méthode dans notre article consacré à la règle des 4 pour cent.
Un point reste essentiel:
la règle des 4 pour cent repose sur des observations historiques. Elle ne garantit pas qu’un portefeuille durera un nombre déterminé d’années dans toutes les conditions de marché.
Elle constitue donc un outil de planification.
Pas une promesse.
Les marchés financiers n’ont malheureusement pas signé la règle.
Le risque sous-estimé: l’ordre des rendements
Avec un plan de prélèvement, le rendement moyen ne suffit pas à raconter toute l’histoire.
Le moment auquel surviennent les bonnes et les mauvaises années compte lui aussi.
C’est ce que l’on appelle le Sequence of Returns Risk, ou risque lié à la séquence des rendements.
Le principe est relativement simple.
Si les marchés chutent fortement au début de la retraite alors que vous effectuez simultanément des retraits réguliers, vous risquez de devoir vendre des placements à des cours bas.
Ce capital vendu ne pourra plus profiter d’une éventuelle reprise ultérieure.
Deux portefeuilles peuvent donc obtenir exactement le même rendement moyen sur vingt ans et terminer avec des patrimoines très différents si l’ordre des rendements n’est pas le même.
Prenons deux portefeuilles avec le même capital initial et les mêmes prélèvements.
Portefeuille A: les mauvaises années boursières surviennent au début.
Portefeuille B: les mauvaises années surviennent plus tard.
Pour une personne qui ne retire pas d’argent, la différence finale peut être limitée si les rendements cumulés sont identiques.
Pendant la phase de prélèvement, ce n’est plus forcément le cas.
La moyenne peut être identique. Le chemin, lui, ne l’est pas.
Quels sont les risques d’un plan de prélèvement?
Un plan de prélèvement apporte de la flexibilité.
En contrepartie, plusieurs risques restent à la charge de l’investisseuse ou de l’investisseur.
Risque de longévité
Personne ne sait exactement combien de temps le patrimoine devra durer.
Une retraite planifiée jusqu’à 90 ans devient financièrement plus exigeante si vous vivez jusqu’à 100 ans.
Des prélèvements trop élevés peuvent donc conduire à épuiser le capital trop tôt.
Vivre longtemps est une excellente nouvelle.
Il faut simplement que le plan financier soit du même avis.
Risque de marché
Tant qu’une partie du patrimoine reste investie, elle reste exposée aux fluctuations des marchés.
Les actions, les obligations et d’autres placements peuvent perdre de la valeur.
Les fortes baisses survenant au début de la phase de prélèvement sont particulièrement délicates.
Risque d’inflation
50 000 francs n’auront probablement pas le même pouvoir d’achat dans vingt ans qu’aujourd’hui.
Un plan de prélèvement ne doit donc pas uniquement raisonner en montants nominaux.
Il doit également tenir compte du pouvoir d’achat à long terme.
Risque lié à la séquence des rendements
Comme nous venons de le voir, l’ordre des rendements peut fortement influencer l’évolution du patrimoine lorsque des prélèvements sont effectués en parallèle.
Une mauvaise première décennie n’a pas nécessairement le même impact qu’une mauvaise dernière décennie.
Risque comportemental
Le portefeuille n’est pas le seul élément susceptible de réagir aux marchés.
Son propriétaire aussi.
Après une forte baisse, la tentation peut être grande de modifier complètement la stratégie ou de vendre les placements.
Une telle réaction peut transformer une baisse temporaire des cours en perte définitive et compromettre une planification conçue pour plusieurs décennies.
Un bon plan doit donc fonctionner financièrement.
Mais aussi être supportable psychologiquement.
Quelle stratégie de placement convient à un plan de prélèvement?
La retraite ne signifie pas automatiquement que l’horizon d’investissement tombe à zéro.
Une partie du patrimoine sera peut-être nécessaire dans les prochains mois.
Une autre dans cinq ans.
Et une autre encore dans dix, vingt ou trente ans.
Il peut donc être pertinent de considérer le patrimoine selon différents horizons.
La répartition stratégique du patrimoine entre différentes classes d’actifs est généralement appelée Asset Allocation.
Elle doit correspondre au rapport entre risque et rendement recherché ainsi qu’à l’horizon d’investissement.
Une part d’actions trop élevée peut provoquer d’importantes fluctuations à court terme.
Mais une stratégie extrêmement défensive comporte elle aussi un risque.
Sur une retraite longue, des perspectives de rendement trop faibles peuvent accentuer le risque d’inflation et la perte de pouvoir d’achat.
La bonne solution n’est donc pas automatiquement:
«Le moins de risque possible.»
Elle consiste plutôt à choisir un niveau de risque cohérent avec la situation financière et les besoins de prélèvement.
À 65 ans, votre carrière professionnelle peut prendre sa retraite.
Votre patrimoine n’est pas obligé de l’accompagner entièrement.
Plan de prélèvement ou rente viagère: quelle différence?
Les deux solutions répondent à la même question de départ:
Comment transformer un patrimoine en revenu à la retraite?
Mais elles le font de manière très différente.
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Caractéristique |
Plan de prélèvement |
Rente viagère |
|---|---|---|
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Versements |
flexibles |
définis contractuellement |
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Patrimoine |
reste en principe dans votre patrimoine |
capital transféré à l’assureur |
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Transmission |
patrimoine restant en principe transmissible |
dépend du produit et des prestations convenues |
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Perspectives de rendement |
dépendent de la stratégie et des marchés |
dépendent du produit d’assurance |
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Risque de marché |
assumé en principe par l’investisseuse ou l’investisseur |
pas directement au niveau d’un portefeuille individuel |
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Risque de longévité |
doit être intégré à la planification |
peut être couvert par une rente versée à vie |
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Flexibilité |
élevée |
généralement plus faible |
Une rente viagère peut apporter davantage de prévisibilité.
Un plan de prélèvement conserve davantage de flexibilité et de contrôle sur le patrimoine.
Mais cette liberté signifie aussi que davantage de risques restent à votre charge.
Nous analysons les différences plus en détail dans notre article consacré à la rente viagère et à ses alternatives.
À qui un plan de prélèvement peut-il convenir?
Un plan de prélèvement peut notamment être intéressant pour les personnes qui souhaitent continuer à investir une partie de leur patrimoine après la retraite.
Il convient également aux personnes qui veulent pouvoir adapter leurs versements, disposent de réserves financières suffisantes, peuvent supporter les fluctuations des marchés et souhaitent en principe pouvoir transmettre le patrimoine restant.
Enfin, il faut être prêt à revoir régulièrement le plan.
Une stratégie prévue pour trente ans mérite parfois un peu plus d’attention qu’un abonnement de téléphone.
Un plan de prélèvement peut en revanche être moins approprié lorsque la priorité absolue est une très grande sécurité de planification et un revenu garanti à vie.
Il peut également être problématique lorsque les pertes financières seraient difficilement supportables.
Quel montant retirer à la retraite?
Il n’existe pas de taux de prélèvement universellement correct.
Le montant approprié dépend notamment:
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du patrimoine disponible;
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des rentes AVS et de la caisse de pension;
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des dépenses courantes;
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du niveau de vie souhaité;
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de l’espérance de vie et de l’horizon de planification;
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de la stratégie de placement;
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de la capacité à supporter les risques;
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de l’inflation;
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des impôts et des frais;
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et de la volonté de préserver le patrimoine ou de le consommer progressivement.
Une règle fixe comme celle des quatre pour cent peut fournir un premier repère.
Mais la planification réelle doit considérer l’ensemble de la situation financière.
Supposons par exemple que vos dépenses annuelles s’élèvent à 90 000 francs et que l’AVS ainsi que la caisse de pension couvrent déjà 70 000 francs.
Votre patrimoine ne doit alors pas financer 90 000 francs par année.
Il doit financer la différence.
C’est cette lacune de financement qui constitue le point de départ beaucoup plus utile pour déterminer le niveau des prélèvements.
Les prélèvements doivent-ils rester identiques chaque année?
Non.
C’est précisément l’un des avantages d’un plan flexible.
Certaines années peuvent comporter des dépenses plus importantes.
Un grand voyage.
Une rénovation.
Une aide financière à la famille.
D’autres années peuvent être moins coûteuses.
L’évolution des marchés peut elle aussi être prise en compte.
Après une année de fortes pertes, il peut par exemple être judicieux d’examiner si certaines dépenses importantes mais non indispensables peuvent être temporairement réduites ou reportées.
Cela peut éviter de devoir vendre davantage de placements à des cours défavorables.
La flexibilité devient ainsi elle-même un outil de gestion du risque.
Ce n’est pas une raison pour annuler les vacances chaque fois que le SMI perd deux pour cent.
Mais cela montre pourquoi un plan de prélèvement ne doit pas être figé pour trente ans.
Comment fonctionne un plan de prélèvement chez Descartes?
Chez Descartes, la retraite n’est pas considérée comme la fin de l’investissement.
Elle marque plutôt le passage de la phase de constitution du patrimoine à la phase de prélèvement.
Même après la retraite, une partie du patrimoine peut rester investie à long terme.
L’essentiel est que la stratégie de placement et le niveau de risque correspondent à la nouvelle situation financière.
Pour déterminer le profil d’investissement, Descartes tient notamment compte de la situation financière, de l’horizon d’investissement ainsi que de la capacité et de la disposition à prendre des risques.
Ces facteurs sont particulièrement importants pendant la phase de prélèvement.
Une personne qui dispose de rentes couvrant largement ses dépenses courantes se trouve dans une situation différente de celle qui doit financer chaque année une part importante de son niveau de vie avec son portefeuille.
Pour les personnes à partir de 55 ans, Descartes relie notamment la prévoyance vieillesse, la stratégie de placement, la planification fiscale et successorale ainsi que les stratégies de prélèvement flexibles.
L’objectif n’est pas simplement de conserver un portefeuille après la retraite.
Il s’agit de faire correspondre le patrimoine à la manière dont il sera réellement utilisé.
Comment établir un plan de prélèvement?
Un plan de prélèvement cohérent ne commence pas par un pourcentage.
Il commence par votre situation financière.
1. Déterminer les revenus à la retraite
Commencez par recenser les revenus réguliers.
Rente AVS.
Rente de caisse de pension.
Autres revenus récurrents.
2. Calculer les dépenses
Estimez les dépenses courantes et prévoyez également des réserves pour les dépenses importantes ou imprévues.
La retraite n’abolit malheureusement ni les factures de dentiste ni les chauffages qui décident soudainement de prendre eux aussi leur retraite.
3. Déterminer la lacune de financement
Quelle part de vos dépenses n’est pas couverte par les revenus réguliers?
C’est cette différence qui doit être financée par le patrimoine.
4. Définir l’horizon de planification
Combien de temps le patrimoine doit-il idéalement durer?
Il vaut mieux prévoir un horizon suffisamment long plutôt que de construire un plan qui ne fonctionne que si la longévité respecte exactement les hypothèses du tableur.
5. Définir la stratégie de placement
Le risque et les perspectives de rendement doivent être adaptés aux besoins de prélèvement.
Les montants nécessaires prochainement n’ont pas le même horizon que le capital destiné aux dépenses dans quinze ou vingt ans.
6. Choisir la stratégie de prélèvement
Les retraits peuvent être fixes.
Adaptés à l’inflation.
Ou flexibles en fonction des besoins et de l’évolution du patrimoine.
Chaque méthode présente des avantages et des limites.
7. Réexaminer régulièrement le plan
Le patrimoine change.
Les marchés changent.
Les dépenses changent.
Et votre vie aussi.
Un plan de prélèvement ne devrait donc pas être établi à 65 ans puis ressorti du tiroir à 85 ans pour vérifier si les calculs étaient bons.
Il doit être régulièrement réévalué.
Questions fréquentes sur le plan de prélèvement
Qu’est-ce qu’un plan de prélèvement?
Un plan de prélèvement est une stratégie dans laquelle une partie du patrimoine reste investie tandis que des montants sont régulièrement retirés. Il peut viser la préservation du capital, une consommation contrôlée du patrimoine ou des prélèvements flexibles.
Combien de temps 1 million de francs suffit-il à la retraite?
Impossible de répondre sérieusement sans hypothèses supplémentaires. Le résultat dépend notamment du montant des prélèvements, du rendement, de l’inflation, des frais, des impôts et de l’ordre des performances des placements. Sans aucun rendement, 1 million de francs permettrait mathématiquement de financer une dépense constante de 40 000 francs par année pendant 25 ans. Avec un portefeuille investi, l’évolution réelle peut être très différente.
Quel est un taux de prélèvement raisonnable?
Il n’existe pas de taux universel. La règle des quatre pour cent est souvent utilisée comme point de repère, mais elle repose sur des données historiques et ne constitue pas une garantie. Le taux approprié doit être adapté à la situation financière personnelle.
Qu’est-ce que le Sequence of Returns Risk?
Le Sequence of Returns Risk désigne le risque que de mauvaises performances au début de la phase de prélèvement pèsent particulièrement lourd sur le patrimoine. Comme des montants sont retirés simultanément, moins de capital reste disponible pour profiter d’une éventuelle reprise des marchés.
Faut-il encore investir en actions après la retraite?
Cela dépend de l’horizon d’investissement, des besoins de prélèvement et de la capacité à supporter les risques. Une partie du patrimoine pouvant rester investie pendant plusieurs décennies, les actions peuvent continuer à jouer un rôle. Il n’existe toutefois pas de quote-part d’actions adaptée à tout le monde.
Peut-on modifier les prélèvements plus tard?
Oui, dans le cadre d’un plan flexible. La possibilité d’adapter les versements aux besoins et à l’évolution du patrimoine constitue justement l’un de ses principaux avantages.
Un plan de prélèvement est-il meilleur qu’une rente viagère?
Pas de manière générale. Un plan de prélèvement offre davantage de flexibilité et de contrôle sur le patrimoine, mais laisse aussi davantage de risques de marché et de longévité à la charge de l’investisseuse ou de l’investisseur. Une rente viagère peut en revanche garantir contractuellement un revenu à vie. Le choix dépend de la situation personnelle.
Conclusion: un plan de prélèvement doit rester flexible
Un plan de prélèvement permet d’utiliser son patrimoine de manière structurée à la retraite tout en conservant une partie du capital investie.
Mais le rendement attendu n’est qu’un élément parmi d’autres.
Le taux de prélèvement, l’inflation, les frais, la longévité, la stratégie de placement et surtout l’ordre des bonnes et mauvaises années boursières déterminent la solidité du plan.
Il serait donc peu judicieux de définir une stratégie une fois pour toutes puis de l’oublier.
Une stratégie de prélèvement robuste associe une planification à long terme à la possibilité de s’adapter lorsque les marchés ou la situation personnelle évoluent.
Le but n’est pas de prédire précisément les trente prochaines années. C’est de construire un plan qui n’a pas besoin que les trente prochaines années se déroulent exactement comme prévu.
Pour aller plus loin
Dans le glossaire financier Descartes
Disclaimer: ce Blog est fourni uniquement à titre informatif et ne constitue ni un conseil en placement, ni un conseil fiscal, juridique ou de prévoyance. Les placements sur les marchés financiers comportent des risques et peuvent perdre de la valeur. Les rendements historiques et les règles de prélèvement fondées sur des données historiques, telles que la règle des 4 pour cent, ne garantissent pas les résultats futurs. La viabilité d’un plan de prélèvement dépend notamment de la situation patrimoniale individuelle, des dépenses, des autres revenus, de la stratégie de placement, de l’inflation, de la fiscalité, de l’horizon de placement et de la durée de vie effective. Avant toute décision ayant des conséquences financières importantes, il convient d’examiner la situation individuelle et, si nécessaire, de faire appel à des spécialistes qualifiés.