Taux de conversion de la caisse de pension: quel rendement se cache derrière?

Lorsqu’on parle de caisse de pension, les discussions tournent presque toujours autour du taux de conversion. Est-il élevé ou faible? Un taux de 5,2 pour cent est-il bon ou mauvais? Faut-il choisir une rente ou retirer son capital?

Le taux de conversion est l’un des principaux indicateurs de la LPP (prévoyance professionnelle) et joue un rôle central dans la planification de la retraite en Suisse. Il détermine le montant de la rente viagère versée sur la base du capital vieillesse accumulé dans le 2e pilier.

Mais une question essentielle reste souvent sans réponse: quel rendement se cache réellement derrière le taux de conversion? Cette question est particulièrement importante, car elle permet de comprendre les hypothèses financières sur lesquelles repose la rente viagère.

Toute personne confrontée au choix entre rente ou retrait en capital devrait donc non seulement connaître le taux de conversion, mais aussi comprendre les hypothèses de rendement et les risques qui se cachent derrière.

En bref

  • Le retrait en capital peut offrir des perspectives de rendement plus élevées.

  • Le capital peut être investi de manière flexible et transmis aux héritiers.

  • En contrepartie, l’investisseur assume lui-même le risque de placement et le risque de longévité.

  • La rente de la caisse de pension garantit un revenu à vie.

  • Le meilleur choix dépend de la situation personnelle.

Quel rendement se cache derrière le taux de conversion de la caisse de pension?

Le taux de conversion moyen en Suisse se situe actuellement autour de 5,2 pour cent. Pour les assurés du 2e pilier, cela signifie qu’un capital vieillesse de CHF 100’000 permet d’obtenir une rente viagère annuelle de CHF 5’200.

D’un point de vue financier, il est possible d’en déduire un taux d’intérêt implicite. En supposant, de manière simplifiée, une durée moyenne de perception de la rente de 20 ans, on obtient:

100’000 = 5’200 × (1 − (1 + i)^−20) / i

Dans cette formule, «i» représente le taux d’intérêt moyen que le capital restant devrait générer pendant la période de perception de la rente.

Avec l’hypothèse simplifiée d’une durée de perception de 20 ans, le taux d’intérêt implicite s’élève à environ 0,37 pour cent par an.

Dans la pratique, d’autres facteurs influencent toutefois le calcul du taux de conversion, notamment l’espérance de vie effective, les taux d’intérêt techniques, les prestations pour survivants et différentes hypothèses actuarielles. Cet exemple sert donc uniquement à illustrer le mécanisme financier.

Pourquoi le taux d’intérêt implicite est-il important?

Imaginez que votre banque vous propose de placer votre patrimoine pendant les vingt prochaines années avec un rendement moyen de 0,37 pour cent par an. Peu d’investisseurs trouveraient cette proposition particulièrement attractive.

Pourtant, dans le cas de la caisse de pension, cette question est rarement posée. L’attention se porte principalement sur la rente garantie et non sur le rendement sous-jacent au modèle.

Or, il s’agit en fin de compte du même patrimoine. La question essentielle n’est donc pas seulement de savoir quel sera le montant de la rente, mais également avec quelle efficacité le capital disponible est utilisé.

Retrait du capital de la caisse de pension: quelles opportunités à long terme?

La personne qui opte pour un retrait en capital renonce à la garantie offerte par la caisse de pension et assume elle-même le risque de placement ainsi que le risque de longévité.

En contrepartie, elle peut profiter à long terme des rendements des marchés financiers.

Historiquement, des portefeuilles d’actions diversifiés à l’échelle mondiale ont généré, sur de longues périodes, des rendements nominaux d’environ 7 à 9 pour cent par an. Les performances passées ne garantissent toutefois pas les performances futures.

Pour cet exemple, nous utilisons donc une hypothèse de rendement moyen à long terme d’environ 5 pour cent pour le portefeuille. Cette hypothèse tient compte d’un «glide path», c’est-à-dire d’une réduction progressive du risque au fil du temps. Elle est fournie exclusivement à titre illustratif et ne constitue ni une prévision ni une garantie de rendement.

L’objectif n’est donc pas de prendre le plus de risques possible, mais de les gérer de manière systématique.

Pourquoi Descartes mise-t-elle sur un «glide path»?

Chez Descartes, un portefeuille ne reste pas investi de la même manière pendant toute la retraite.

Au début de la retraite, l’horizon de placement s’étend souvent encore sur de nombreuses années. Une part d’actions plus élevée peut donc être pertinente. Au fil du temps, cet horizon se raccourcit et la part d’actions est progressivement réduite.

À titre indicatif, un «glide path» pourrait se présenter comme suit:

Années après le départ à la retraite

Part d’actions

0–4

100%

5–8

80%

9–12

60%

13–16

40%

17–20

20%

Cette approche combine les opportunités de rendement à long terme avec une gestion systématique des risques.

Exemple pratique: rente de la caisse de pension ou retrait en capital?

Reprenons notre exemple. Une personne part à la retraite avec un capital vieillesse de CHF 100’000. La caisse de pension lui propose une rente garantie sur la base d’un taux de conversion de 5,2 pour cent. Cela correspond à une rente de CHF 5’200 par an, soit CHF 433 par mois.

Si cette même personne opte plutôt pour un retrait en capital et investit son patrimoine selon le «glide path» décrit ci-dessus, le modèle aboutit à un retrait annuel durable d’environ CHF 7’900, soit CHF 658 par mois. Dans ce modèle, cela représente environ 52 pour cent de revenu supplémentaire par rapport à la rente garantie de la caisse de pension.

Il faut toutefois tenir compte du fait que les deux variantes sont imposées différemment. Le retrait en capital est soumis une seule fois à l’impôt sur les prestations en capital, tandis que les rentes sont imposées chaque année en tant que revenu. L’ampleur de cette différence dépend notamment du canton de domicile, du montant des retraits et de la situation personnelle en matière de revenus.

Comparaison: rente de la caisse de pension vs retrait en capital avec «glide path»

Hypothèses: capital vieillesse de CHF 100’000, taux de conversion de 5,2 pour cent, durée de perception de 20 ans, «glide path» 100 pour cent → 80 pour cent → 60 pour cent → 40 pour cent → 20 pour cent.

 

Rente de la caisse de pension

Retrait en capital avec «glide path»

Capital initial

CHF 100’000

CHF 100’000

Versement annuel

CHF 5’200

env. CHF 7’900 (valeur attendue)

Versement mensuel

CHF 433

env. CHF 658 (valeur attendue)

Taux d’intérêt implicite

0,37 %

Rendement attendu d’env. 5 %

Revenu

Garanti

Valeur attendue

Risque de placement

Supporté par la caisse de pension

Supporté par l’investisseur

Risque de longévité

Supporté par la caisse de pension

Supporté par l’investisseur

Capital résiduel

Pas de capital résiduel

Capital résiduel éventuellement transmissible aux héritiers

Il existe évidemment une différence essentielle: la rente de la caisse de pension est garantie et versée à vie.

Le montant plus élevé obtenu avec le retrait en capital constitue en revanche une valeur attendue. Si les marchés financiers évoluent moins favorablement que prévu ou si la personne vit nettement plus de vingt ans, le capital peut être épuisé plus rapidement. À l’inverse, si les marchés évoluent favorablement, un patrimoine peut subsister et être transmis à la génération suivante.

C’est précisément pour cette raison que, chez Descartes, nous ne comparons pas des garanties avec des espoirs. Nous comparons des probabilités avec des probabilités.

Rente ou retrait en capital: quels sont les critères vraiment importants?

Le choix entre une rente et un retrait en capital fait partie des décisions financières les plus importantes de la vie.

Le taux de conversion ne répond toutefois qu’à une seule question: quel sera le montant de la rente garantie? Il ne permet pas de savoir quelles hypothèses de rendement se cachent derrière ce montant.

C’est pourquoi il vaut la peine d’y regarder de plus près. Avec l’hypothèse simplifiée d’une durée de perception de 20 ans, le taux de conversion moyen actuel de 5,2 pour cent correspond à un taux d’intérêt implicite d’à peine 0,37 pour cent par an.

Le taux de conversion ne permet donc pas, à lui seul, de déterminer quelle option est financièrement la plus avantageuse. Les objectifs personnels, la capacité à prendre des risques, l’espérance de vie, les conséquences fiscales ainsi que les attentes de rendement à long terme jouent également un rôle déterminant.

La fiscalité est elle aussi essentielle. En cas de retrait en capital, un impôt sur les prestations en capital est prélevé une seule fois. La rente de la caisse de pension, en revanche, est imposée comme revenu pendant toute la durée de sa perception. Selon le canton de domicile, la situation en matière de revenus et le montant des prestations, cette différence peut avoir un impact significatif sur le revenu net effectivement disponible.

Le choix entre rente et capital dépend donc de la situation personnelle, de la capacité à prendre des risques, du cadre fiscal et des objectifs financiers.

Avant de prendre cette décision, il convient non seulement d’examiner le taux de conversion, mais aussi les hypothèses de rendement, les conséquences fiscales ainsi que les opportunités et les risques des deux variantes. Seule une vision globale permet de prendre une décision éclairée et pertinente sur le long terme.

Vous souhaitez savoir si la rente de la caisse de pension ou le retrait en capital est la meilleure solution dans votre situation personnelle?

Marc Raschle de MVP Partner GmbH analyse volontiers votre caisse de pension en tenant compte de votre fiscalité, de votre espérance de vie, de la structure de votre patrimoine et de votre stratégie de placement. Il peut ainsi vous montrer de manière transparente quelle variante offre les meilleures perspectives financières à long terme.

Questions fréquentes (FAQ)

Qu’est-ce que le taux de conversion LPP?

Le taux de conversion LPP détermine le montant de la rente vieillesse annuelle versée sur la base du capital accumulé dans la prévoyance professionnelle (2e pilier). Il constitue l’un des principaux indicateurs de la prévoyance vieillesse en Suisse.

Qu’est-ce qu’un bon taux de conversion?

Un taux de conversion élevé entraîne certes une rente garantie plus importante, mais ne dit que peu de choses sur l’attractivité financière globale de la solution. Les hypothèses de rendement, les risques et les prestations sous-jacentes sont également déterminants. Le taux de conversion doit donc toujours être évalué dans le contexte global de la caisse de pension.

Pourquoi le taux de conversion ne suffit-il pas pour prendre une décision?

Le taux de conversion indique uniquement le montant de la rente garantie par rapport au capital vieillesse disponible. Il ne montre ni les hypothèses de rendement sous-jacentes ni la manière dont le capital est utilisé à long terme.

Que signifie le taux d’intérêt implicite?

Le taux d’intérêt implicite correspond au rendement qui sous-tend mathématiquement le taux de conversion. Il permet d’estimer la rémunération du capital restant pendant la période de perception de la rente et facilite ainsi la comparaison entre rente et retrait en capital.

Le retrait en capital est-il toujours la meilleure solution?

Non. Le retrait en capital offre des perspectives de rendement plus élevées à long terme, mais la personne retraitée assume elle-même le risque de placement et le risque de longévité. La solution la plus appropriée dépend de la situation personnelle, de la capacité à prendre des risques, des objectifs financiers et du cadre fiscal.

Comment la rente et le retrait en capital sont-ils imposés?

Le retrait en capital est soumis une seule fois à l’impôt sur les prestations en capital. La rente de la caisse de pension est quant à elle imposée comme revenu pendant toute sa durée de perception. La charge fiscale effective dépend notamment du canton de domicile et de la situation personnelle en matière de revenus.

Que devient le patrimoine en cas de décès?

Dans le cas d’une rente de caisse de pension, le versement prend en principe fin au décès de la personne assurée, sous réserve d’éventuelles prestations pour survivants. En cas de retrait en capital, le patrimoine restant demeure dans la succession et peut être transmis aux héritiers.

Pourquoi Descartes utilise-t-elle un «glide path»?

Un «glide path» consiste à réduire progressivement la part d’actions au cours de la retraite. Cette approche permet de profiter des perspectives de rendement à long terme au début de la retraite tout en réduisant systématiquement le risque à mesure que l’horizon de placement se raccourcit.

Disclaimer: Cet article est fourni uniquement à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil fiscal. Descartes recommande de clarifier au préalable toute question fiscale avec une experte ou un expert fiscal et/ou avec l’autorité fiscale cantonale compétente. Bien que Descartes ait apporté le plus grand soin à la recherche et à la préparation des contenus et informations ci-dessus, aucune garantie ne peut être donnée quant à leur exactitude ou leur exhaustivité. Toute responsabilité est exclue.