Investir dans les obligations: quels critères examiner avant d’acheter?
Une obligation offre 2 pour cent de rendement, une autre 4 pour cent. La seconde est-elle forcément plus intéressante?
Non.
Ce rendement supérieur peut refléter une solvabilité plus faible, une sensibilité plus forte aux taux d’intérêt, un risque de change ou encore une liquidité moindre.
Autrement dit, un rendement plus élevé ne tombe généralement pas du ciel.
Pour comparer des obligations, il faut comprendre ce que l’on achète, mais surtout pourquoi le marché offre un certain rendement.
Ce guide présente les principaux éléments à examiner avant d’investir dans une obligation, ainsi que les différences entre une obligation détenue en direct et un fonds ou ETF obligataire.
En bref
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Une obligation revient, de manière simplifiée, à prêter de l’argent à un État, une entreprise ou une autre institution.
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Le coupon et le rendement ne désignent pas la même chose. Le coupon est calculé sur la valeur nominale, tandis que le rendement dépend aussi du prix auquel l’obligation est achetée.
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Le rendement à l’échéance permet de mieux comparer différentes obligations, mais il ne constitue pas un rendement garanti.
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Un rendement supérieur s’accompagne généralement de risques supplémentaires. La solvabilité, la duration, la devise et la liquidité sont particulièrement importantes.
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La durée jusqu’à l’échéance et la duration ne sont pas synonymes. La duration renseigne notamment sur la sensibilité du prix d’une obligation aux variations des taux d’intérêt.
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Une obligation peut se négocier au-dessus ou au-dessous de sa valeur nominale. Le coupon, pris isolément, ne permet donc pas de juger si elle est attractive.
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Les obligations individuelles offrent une échéance déterminée. Les fonds et ETF obligataires facilitent en revanche la diversification.
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Avant d’acheter, mieux vaut pouvoir expliquer d’où vient le rendement proposé et quels risques il rémunère.
Qu’achetez-vous réellement lorsque vous achetez une obligation?
Acheter une obligation revient à mettre du capital à disposition d’un émetteur.
Cet émetteur peut être un État, une entreprise ou une autre institution. En contrepartie, il s’engage en principe à verser les intérêts convenus et à rembourser la valeur nominale à l’échéance.
Contrairement à l’achat d’une action, vous ne devenez pas copropriétaire de l’entreprise. Vous êtes créancière ou créancier de l’émetteur.
Pour comprendre une obligation, quatre éléments sont particulièrement utiles:
La valeur nominale: le montant de référence sur lequel le coupon est calculé et qui est en principe remboursé à l’échéance.
Le coupon: l’intérêt contractuel versé par l’émetteur.
Le cours: le prix auquel l’obligation se négocie actuellement sur le marché.
L’échéance: la date à laquelle l’obligation arrive à son terme et doit en principe être remboursée.
Ces éléments sont liés entre eux. C’est précisément pour cette raison que regarder uniquement le coupon peut être trompeur.
Valeur nominale, coupon et cours: un exemple simple
Prenons une obligation d’une valeur nominale de 1 000 francs avec un coupon de 3 pour cent.
Elle verse donc en principe 30 francs d’intérêts par an.
Cela ne signifie pourtant pas qu’une personne qui l’achète aujourd’hui obtiendra automatiquement un rendement de 3 pour cent.
L’obligation peut en effet se négocier à 950, 1 000 ou 1 050 francs.
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Exemple |
Obligation A |
Obligation B |
Obligation C |
|---|---|---|---|
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Valeur nominale |
1 000 francs |
1 000 francs |
1 000 francs |
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Coupon |
3 pour cent |
3 pour cent |
3 pour cent |
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Coupon annuel |
30 francs |
30 francs |
30 francs |
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Cours actuel |
950 francs |
1 000 francs |
1 050 francs |
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Par rapport au nominal |
sous le pair |
au pair |
au-dessus du pair |
Exemple simplifié, sans tenir compte notamment de la durée résiduelle, des intérêts courus, des coûts ou d’autres facteurs.
Les trois obligations versent exactement le même coupon.
Leur rendement pour une personne qui les achète aujourd’hui n’est pourtant pas identique.
Que signifient «au pair», «sous le pair» et «au-dessus du pair»?
Une obligation se négocie au pair lorsque son cours correspond à sa valeur nominale.
Une obligation d’une valeur nominale de 1 000 francs qui coûte 1 000 francs est donc au pair.
Si elle se négocie à 950 francs, elle est sous le pair.
À 1 050 francs, elle est au-dessus du pair.
Pourquoi le cours s’écarte-t-il de la valeur nominale?
Le niveau des taux d’intérêt joue notamment un rôle.
Si une ancienne obligation verse un coupon supérieur à celui des nouvelles obligations comparables, elle devient relativement plus attractive. Son cours peut alors dépasser sa valeur nominale.
À l’inverse, si son coupon est inférieur aux taux disponibles sur de nouvelles émissions comparables, son cours peut passer sous le pair.
Comparer uniquement deux coupons revient donc à ne regarder qu’une partie du tableau.
Coupon et rendement: deux notions à ne pas confondre
Le coupon correspond au paiement d’intérêts prévu par l’obligation.
Le rendement dépend, lui, du prix payé pour acquérir cette obligation.
Une obligation assortie d’un coupon de 4 pour cent peut ainsi offrir un rendement inférieur à 4 pour cent si elle est achetée nettement au-dessus de sa valeur nominale.
À l’inverse, une obligation avec un coupon de 2 pour cent peut offrir un rendement supérieur à 2 pour cent si elle se négocie sous le pair.
C’est pourquoi une autre mesure est généralement plus utile pour comparer plusieurs obligations.
Qu’est-ce que le rendement à l’échéance?
Le rendement à l’échéance, ou Yield to Maturity, YTM, exprime sous la forme d’un rendement annualisé les différents flux liés à une obligation.
Il tient notamment compte:
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du prix d’achat actuel
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des futurs coupons
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de la durée restante
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du remboursement prévu à l’échéance
Il donne donc une vision plus complète que le coupon seul.
Mais le rendement à l’échéance n’est pas une promesse.
Il repose sur plusieurs hypothèses, notamment que l’émetteur honore les paiements prévus.
Les coûts, la fiscalité, une vente avant l’échéance, un défaut de paiement ou, pour une obligation en devise étrangère, l’évolution du taux de change peuvent conduire à un résultat différent.
Pourquoi un rendement élevé peut-il constituer un signal d’alerte?
Une obligation offre 6 pour cent de rendement, une autre seulement 3 pour cent.
La première paraît plus séduisante.
Mais la bonne question n’est pas seulement:
Combien rapporte-t-elle?
Il faut aussi se demander:
Pourquoi le marché exige-t-il 6 pour cent pour détenir cette obligation?
Un rendement supérieur peut notamment rémunérer une solvabilité moins bonne, une sensibilité accrue aux taux, une liquidité plus faible ou un risque de change supplémentaire.
Il peut aussi refléter une prime de risque plus importante par rapport à une obligation considérée comme plus sûre.
Un rendement élevé n’est donc pas nécessairement une bonne affaire.
Parfois, le marché vous paie davantage parce qu’il vous demande d’assumer davantage de risque.
Quelle importance accorder à la solvabilité?
La solvabilité désigne la capacité d’un débiteur à honorer ses engagements financiers.
Dans le cas d’une obligation, la question est simple:
L’émetteur sera-t-il en mesure de payer les intérêts et de rembourser le capital?
Les agences de notation telles que S&P, Moody’s ou Fitch évaluent le risque de crédit selon leurs propres échelles.
On distingue généralement les obligations de catégorie Investment Grade, dont la qualité de crédit est relativement élevée, des obligations dites High Yield ou Speculative Grade, qui présentent un risque de crédit supérieur.
La logique économique est assez intuitive:
Meilleure solvabilité → risque de crédit généralement plus faible → rendement généralement plus bas.
Solvabilité plus faible → risque de crédit généralement plus élevé → rendement généralement plus important.
Une notation reste toutefois une appréciation du risque à un moment donné.
Elle peut évoluer et ne garantit jamais qu’un émetteur remboursera intégralement sa dette.
Que se passe-t-il si la notation est abaissée?
Lorsque la situation financière d’un émetteur se détériore, une agence peut revoir sa notation à la baisse.
Le marché peut alors exiger un rendement supérieur pour continuer à financer cet émetteur.
Pour une obligation déjà en circulation, cette hausse du rendement exigé se traduit généralement par une baisse du cours.
Le passage de la catégorie Investment Grade au High Yield peut être particulièrement significatif.
Certains investisseurs institutionnels sont soumis à des règles qui limitent les obligations qu’ils peuvent détenir en fonction de leur notation. Une dégradation peut donc aussi provoquer des ventes supplémentaires.
Une fois encore, rendement et risque de crédit sont indissociables.
Échéance et duration: quelle différence?
L’échéance indique quand une obligation doit en principe être remboursée.
La duration mesure notamment la sensibilité de son prix aux variations des taux d’intérêt.
Les deux notions sont liées, mais elles ne sont pas identiques.
Deux obligations présentant une échéance similaire peuvent avoir des durations différentes, notamment en fonction de leur coupon et de la structure de leurs flux futurs.
Pour une investisseuse ou un investisseur, la duration permet donc de mieux estimer dans quelle mesure le prix d’une obligation peut réagir à une variation des taux.
De manière simplifiée:
Duration élevée → sensibilité plus forte aux variations des taux.
Duration faible → sensibilité plus limitée aux variations des taux.
La duration ne dit pas si les taux vont monter ou baisser. Elle indique surtout à quel point votre obligation y est exposée.
Pourquoi ne faut-il pas automatiquement choisir le rendement le plus élevé?
Imaginons trois obligations purement illustratives:
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Obligation A |
Obligation B |
Obligation C |
|---|---|---|---|
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Rendement à l’échéance |
2,5 pour cent |
3,5 pour cent |
6 pour cent |
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Solvabilité |
élevée |
moyenne |
plus faible |
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Duration |
faible |
moyenne |
plus élevée |
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Devise |
CHF |
CHF |
USD |
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Liquidité |
élevée |
moyenne |
plus faible |
Exemple purement illustratif. Ces données ne correspondent à aucun titre précis et ne constituent pas une recommandation de placement.
Si l’on ne regarde que le rendement, l’obligation C semble clairement gagner.
Mais elle combine ici une solvabilité plus faible, une sensibilité plus importante aux taux, un risque lié au dollar et une liquidité moindre.
Les 6 pour cent ne représentent donc pas simplement «davantage de rendement».
Ils s’accompagnent de risques supplémentaires.
C’est probablement la question la plus utile à se poser lorsqu’on compare des obligations:
Quels risques dois-je accepter pour obtenir ce rendement?
Quel risque de change avec une obligation étrangère?
Pour une personne dont la monnaie de référence est le franc suisse, une obligation libellée en euros ou en dollars ajoute un risque de change.
Une obligation en dollars peut par exemple afficher un rendement supérieur à celui d’une obligation comparable en francs.
Mais ce qui compte pour une investisseuse ou un investisseur suisse est le résultat final en francs.
Si le dollar se déprécie face au franc suisse, la perte de change peut réduire une partie du rendement obligataire, voire l’effacer.
L’inverse est également possible: une appréciation de la devise étrangère peut améliorer le résultat en francs.
Un rendement supérieur dans une autre devise ne doit donc jamais être comparé sans tenir compte du risque de change.
Pourquoi la liquidité est-elle importante?
La liquidité indique dans quelle mesure un titre peut être acheté ou vendu facilement sans provoquer une variation importante de son prix.
Toutes les obligations ne se négocient pas avec la même facilité.
Pour certains titres, l’écart entre le prix auquel le marché est prêt à acheter et celui auquel il est prêt à vendre peut être relativement important.
Cet écart est appelé spread, ou écart entre cours acheteur et cours vendeur.
Plus il est large, plus le coût implicite de la transaction peut être important.
Cela compte surtout si l’obligation doit être revendue avant son échéance.
Un rendement théorique attrayant perd une partie de son intérêt si sortir de la position nécessite d’accepter un prix sensiblement moins favorable.
Que se passe-t-il à l’échéance?
Une obligation classique possède une date d’échéance déterminée.
À cette date, l’émetteur rembourse en principe sa valeur nominale, pour autant qu’il soit en mesure d’honorer ses engagements.
Cette précision est importante.
Pendant sa durée de vie, le cours d’une obligation peut varier. Une personne qui la conserve jusqu’à son terme n’est toutefois pas obligée de la vendre au prix du marché avant l’échéance.
Cela ne supprime pas le risque de crédit.
Si l’émetteur rencontre des difficultés financières, les paiements peuvent être retardés, restructurés ou ne pas être effectués intégralement.
Et lorsqu’une obligation arrive à échéance, un autre problème apparaît: il faut réinvestir le capital remboursé.
Personne ne sait aujourd’hui quel rendement sera disponible à ce moment-là.
C’est ce que l’on appelle le risque de réinvestissement.
Obligation individuelle, fonds obligataire ou ETF?
Il existe essentiellement deux manières d’investir sur le marché obligataire: acheter des obligations en direct ou utiliser un fonds ou un ETF obligataire.
Le résultat économique n’est pas exactement le même.
Acheter une obligation en direct
Avec une obligation individuelle, l’émetteur, le coupon et la date d’échéance sont connus.
Cela permet par exemple de choisir des échéances correspondant à des besoins futurs de liquidités.
En revanche, construire un portefeuille bien diversifié avec des titres individuels demande davantage de capital et de suivi.
Avec seulement quelques obligations, le défaut d’un seul émetteur peut avoir un impact disproportionné sur le portefeuille.
Investir via un fonds ou un ETF obligataire
Un fonds ou un ETF regroupe de nombreuses obligations.
Il devient ainsi beaucoup plus simple de répartir le risque entre différents émetteurs.
Mais une différence fondamentale subsiste.
Un fonds obligataire classique ne possède généralement pas une date unique à laquelle l’intégralité du capital investi est remboursée à sa valeur nominale.
Les obligations arrivant à échéance sont remplacées au fil du temps afin de maintenir le portefeuille conformément à sa stratégie.
Un fonds obligataire ne doit donc pas être assimilé à une simple collection d’obligations qui seraient toutes remboursées à une date donnée.
Obligation individuelle ou fonds obligataire: les principales différences
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Obligation individuelle |
Fonds / ETF obligataire |
|---|---|---|
|
Échéance |
Date définie |
Généralement aucune échéance unique |
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Émetteur |
Choisi directement |
Plusieurs émetteurs selon la stratégie |
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Diversification |
À construire soi-même |
Généralement large |
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Risque lié à un émetteur |
Peut être important |
Généralement réduit par la diversification |
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Gestion des échéances |
Individuelle |
Déterminée par la stratégie du fonds |
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Suivi |
Plus important |
Plus simple |
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Coûts |
Transaction et spread notamment |
Frais du produit et éventuels coûts de transaction |
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Remboursement au nominal |
En principe à l’échéance, sauf défaut |
Aucun remboursement global à une valeur nominale donnée |
Comparaison simplifiée. Les caractéristiques précises dépendent du titre ou du produit choisi.
Quels coûts faut-il prendre en compte?
Le rendement qui compte est celui qui reste après les coûts.
Pour une obligation individuelle, les frais de transaction et le spread peuvent notamment réduire le résultat.
Pour un fonds ou un ETF, il faut également tenir compte des frais du produit ainsi que, selon la solution utilisée, d’autres frais de négociation ou de dépôt.
Sur une obligation offrant un rendement relativement faible, ces coûts peuvent peser proportionnellement davantage.
Une obligation affichant un rendement de 2 pour cent avec des frais élevés n’offre pas le même résultat économique qu’un placement comparable avec des coûts très faibles.
Le rendement affiché n’est donc qu’un point de départ.
8 questions à se poser avant d’acheter une obligation
Avant d’investir, vous devriez idéalement pouvoir répondre à ces huit questions.
1. Qui est l’émetteur?
Un État, une entreprise ou une autre institution?
2. Quelle est sa solvabilité?
Quel risque de crédit et de défaut acceptez-vous?
3. Quel est le rendement à l’échéance?
Ne vous contentez pas du coupon.
4. Pourquoi ce rendement est-il supérieur ou inférieur à celui d’obligations comparables?
La solvabilité, la duration, la devise ou la liquidité peuvent fournir une partie de l’explication.
5. Quand l’obligation arrive-t-elle à échéance?
Cette date correspond-elle à votre horizon de placement?
6. Quelle est sa duration?
À quel point son cours pourrait-il réagir à une variation des taux?
7. Dans quelle devise est-elle libellée?
Ajoutez-vous un risque de change par rapport au franc suisse?
8. Quelle est sa liquidité?
À quelles conditions pourriez-vous revendre l’obligation avant son échéance?
Si vous ne parvenez pas à répondre à ces questions, vous ne savez peut-être pas encore précisément ce qui explique le rendement proposé.
Comment intégrer une obligation dans une stratégie de placement?
Choisir une bonne obligation et décider de la place des obligations dans un portefeuille sont deux questions différentes.
La première concerne le titre lui-même.
La seconde relève de l’allocation du patrimoine.
La part à consacrer aux obligations dépend notamment de l’horizon d’investissement, de la capacité à prendre des risques, des objectifs financiers et des autres actifs détenus.
C’est pourquoi une obligation ne devrait pas être évaluée uniquement de manière isolée. Elle doit aussi être cohérente avec la stratégie de placement dans son ensemble.
Conclusion: le rendement ne raconte jamais toute l’histoire
Une obligation paraît simple: investir un capital, percevoir des intérêts et récupérer la valeur nominale à l’échéance.
Dans la pratique, il faut regarder un peu plus loin.
Le coupon n’est pas le rendement. Un rendement élevé peut signaler un risque de crédit supérieur. Une duration importante rend le cours plus sensible aux taux. Une devise étrangère peut modifier fortement le résultat en francs suisses. Et une liquidité limitée peut rendre une sortie anticipée coûteuse.
La manière d’investir compte également. Une obligation individuelle ne fonctionne pas exactement comme un ETF ou un fonds obligataire.
La meilleure obligation n’est donc pas nécessairement celle qui affiche le coupon ou le rendement le plus élevé.
La bonne question est plutôt:
Quel risque dois-je prendre pour obtenir ce rendement?
C’est à partir de là que la comparaison devient réellement utile.
FAQ sur l’investissement obligataire
Qu’est-ce qu’une obligation?
Une obligation est, de manière simplifiée, un prêt accordé à un État, une entreprise ou une autre institution. En échange du capital mis à disposition, l’émetteur verse généralement des intérêts et rembourse la valeur nominale à l’échéance, pour autant qu’il soit en mesure d’honorer ses engagements.
Quelle est la différence entre une obligation et un bond?
Il n’y a pas de différence fondamentale. «Bond» est simplement le terme anglais couramment utilisé pour désigner une obligation.
Quelle est la différence entre le coupon et le rendement?
Le coupon correspond aux intérêts contractuels calculés sur la valeur nominale. Le rendement dépend également du prix auquel vous achetez l’obligation. Deux obligations ayant le même coupon peuvent donc offrir des rendements différents.
Que signifie rendement à l’échéance?
Le rendement à l’échéance, ou Yield to Maturity, prend notamment en compte le prix actuel, les coupons futurs, la durée restante et le remboursement prévu à l’échéance. Il permet de comparer plus utilement différentes obligations, mais ne constitue pas une garantie de rendement.
Que signifie une obligation «sous le pair»?
Une obligation est sous le pair lorsque son cours est inférieur à sa valeur nominale. Si une obligation d’une valeur nominale de 1 000 francs se négocie à 950 francs, elle est sous le pair. À l’échéance, l’émetteur rembourse en principe la valeur nominale, sous réserve qu’il puisse honorer ses engagements.
Pourquoi certaines obligations offrent-elles des rendements beaucoup plus élevés?
Un rendement plus élevé peut refléter une solvabilité moins bonne, une sensibilité accrue aux taux, une liquidité plus faible, un risque de change ou d’autres facteurs. Il convient donc toujours d’examiner le risque qui accompagne ce rendement.
Qu’est-ce que la duration d’une obligation?
La duration mesure notamment la sensibilité du prix d’une obligation aux variations des taux d’intérêt. Plus elle est élevée, plus le cours de l’obligation peut réagir fortement à une variation des taux.
Une obligation bien notée est-elle sans risque?
Non. Une bonne solvabilité réduit généralement le risque de crédit, mais elle ne supprime pas les autres risques. Même une obligation de qualité peut perdre de la valeur en cas de hausse des taux ou, lorsqu’elle est libellée dans une autre devise, en raison d’une évolution défavorable des taux de change.
Vaut-il mieux acheter une obligation ou un ETF obligataire?
Cela dépend de l’objectif. Une obligation individuelle offre une échéance connue et permet de sélectionner directement l’émetteur et la durée. Un ETF obligataire facilite la diversification. En revanche, un ETF classique ne possède généralement pas de date unique à laquelle l’ensemble du capital est remboursé à une valeur nominale déterminée.
Peut-on perdre de l’argent avec des obligations?
Oui. Une perte peut notamment résulter d’un défaut de paiement, d’une détérioration de la solvabilité, d’une hausse des taux, d’une évolution défavorable des devises ou d’une vente à un prix défavorable avant l’échéance.
Quelle part d’obligations faut-il détenir?
Il n’existe pas de proportion universelle. La réponse dépend notamment de l’horizon de placement, de la capacité et de la volonté de prendre des risques ainsi que de la structure globale du patrimoine. Ces éléments doivent être considérés dans le cadre de la stratégie de placement.
Disclaimer: Les informations présentées dans cet article sont de nature générale et ne constituent ni un conseil financier, juridique ou fiscal ni une recommandation de placement. Les obligations comportent notamment des risques de taux, de crédit, de liquidité et, selon la devise, de change. Leur valeur peut fluctuer et des pertes sont possibles. La pertinence d’un placement dépend notamment de la situation personnelle, des objectifs, de l’horizon de placement et du profil de risque.