Passif ne veut pas dire identique: pourquoi les performances peuvent autant varier
Investir passivement semble presque trop simple.
Choisir un indice. Acheter des fonds. Laisser travailler les marchés.
C’est précisément l’un des avantages de l’investissement indiciel. Pas besoin d’essayer de deviner chaque trimestre quelles entreprises seront les prochaines gagnantes.
Mais il y a un détail.
Passif ne veut pas dire identique.
Deux prestataires peuvent utiliser des fonds indiciels, investir presque 100 pour cent en actions et parler tous les deux de diversification mondiale.
Quelques années plus tard, leurs performances peuvent pourtant être sensiblement différentes.
Pourquoi?
Parce que «passif» décrit surtout la manière dont une stratégie est mise en œuvre.
Il ne dit pas encore ce qu’elle contient.
Quel indice? Quelles régions? Quels fonds? Quelle pondération de la Suisse? Quels critères de durabilité? Quelle gestion des devises? Quel rééquilibrage?
Toutes ces décisions sont prises avant que le portefeuille puisse tranquillement devenir «passif».
Et elles peuvent laisser des traces dans la performance.
En bref
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Deux stratégies passives ne détiennent pas nécessairement les mêmes placements.
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Le choix des indices, des régions, des fonds et des critères de durabilité peut influencer la performance.
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Les devises, le rééquilibrage, les liquidités, la fiscalité et les coûts jouent également un rôle.
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Deux portefeuilles investis presque entièrement en actions peuvent donc obtenir des performances nettes sensiblement différentes.
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Les résultats historiques peuvent être analysés, mais ils ne permettent pas de savoir quelle stratégie sera la plus performante à l’avenir.
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Une comparaison pertinente doit porter sur des stratégies présentant une exposition aux actions, un risque et une période d’observation comparables.
Un même pourcentage d’actions. Des résultats différents.
Le comparatif indépendant d’Evaluno permet d’illustrer le phénomène.
Au 30 juin 2026, les performances nettes cumulées sur cinq ans de plusieurs stratégies de prévoyance présentant une exposition très élevée aux actions étaient les suivantes:
|
Stratégie |
Part d’actions |
Performance sur 5 ans |
|---|---|---|
|
Descartes Index Responsible 100 |
99% |
+40,87% |
|
Yuh 100 |
99% |
+40,84% |
|
VIAC Global 100 |
100% |
+39,60% |
|
frankly Extreme 95 Index |
95% |
+39,21% |
|
VIAC Global Nachhaltig 100 |
100% |
+38,98% |
|
finpension Global 100 |
100% |
+34,66% |
Source: Evaluno, état des données au 30 juin 2026.
Sur cette période, l’écart entre Descartes Index Responsible 100 et finpension Global 100 atteint donc environ 6,2 points de pourcentage.
C’est suffisamment important pour poser une question.
Mais pas pour inventer une réponse.
Ces chiffres montrent que les deux stratégies ont obtenu des résultats différents.
Ils ne permettent pas, à eux seuls, d’attribuer les 6,2 points de pourcentage à une décision particulière.
Pour comprendre d’où peuvent venir de tels écarts, il faut regarder ce qui se passe à l’intérieur des portefeuilles.
1. Presque 100 pour cent d’actions ne signifie pas les mêmes actions
La part d’actions est essentielle pour comparer deux stratégies.
Mais elle ne suffit pas.
Deux portefeuilles peuvent investir presque entièrement en actions tout en étant exposés à des marchés très différents.
États-Unis.
Suisse.
Europe.
Marchés émergents.
Grandes capitalisations.
Petites et moyennes entreprises.
Technologie.
Finance.
Industrie.
Si les actions technologiques américaines progressent fortement, un portefeuille davantage exposé à ce segment peut en profiter davantage.
Si le marché suisse prend l’avantage, le résultat peut s’inverser.
Dire que deux stratégies détiennent 100 pour cent d’actions revient donc un peu à dire que deux restaurants servent de la nourriture.
Exact.
Mais le menu reste à découvrir.
2. Quel indice suit-on exactement?
L’investissement passif repose généralement sur des indices ou des règles prédéfinies.
Mais il n’existe pas un seul «marché mondial».
MSCI World, MSCI ACWI, FTSE All-World et les nombreux indices ESG ou Responsible ne détiennent pas exactement les mêmes titres avec les mêmes pondérations.
Certains portefeuilles combinent par ailleurs plusieurs fonds indiciels afin de construire leur propre allocation.
Une décision fondamentale est donc prise avant même le premier investissement:
quel marché voulons-nous reproduire passivement?
Un indice n’est pas une loi de la nature.
C’est un ensemble de règles.
Et des règles différentes produisent des portefeuilles différents.
3. La durabilité modifie aussi le portefeuille
Une stratégie durable peut exclure certaines entreprises ou certains secteurs.
Elle peut aussi modifier leur pondération selon différents critères ESG.
Le portefeuille qui en résulte n’est plus identique à l’indice traditionnel.
Cela peut avoir un effet positif ou négatif sur la performance selon la période.
Si les secteurs exclus connaissent une forte hausse, le portefeuille durable peut rester en retrait.
Si les entreprises davantage représentées progressent plus fortement, l’effet peut être favorable.
Il n’existe donc pas non plus une seule manière «passive et durable» d’investir.
Les règles concrètes comptent.
4. Le fonds utilisé compte lui aussi
Même deux fonds qui cherchent à reproduire le même indice ne fournissent pas nécessairement exactement la même performance.
Un fonds indiciel doit acheter, vendre, gérer des flux de trésorerie et supporter certains coûts.
Il peut également exister des différences fiscales et opérationnelles.
Le résultat peut être un petit écart entre l’évolution de l’indice et celle du fonds.
Pris sur une seule année, cet écart peut sembler insignifiant.
Répété pendant de nombreuses années, il devient plus intéressant.
C’est souvent dans les détails les moins spectaculaires que se cachent les différences les plus persistantes.
5. Le poids de la Suisse peut changer le résultat
Un portefeuille destiné à des investisseuses et investisseurs suisses ne reproduit pas nécessairement la capitalisation boursière mondiale au franc près.
Certaines stratégies accordent davantage de poids aux actions suisses.
D’autres restent plus proches d’une allocation mondiale.
Aucune de ces approches ne garantit une meilleure performance.
Si la Suisse sous-performe les autres marchés, une forte pondération helvétique peut peser sur le résultat relatif.
Si elle surperforme, le même choix devient un avantage.
L’allocation par pays est donc loin d’être un détail.
6. Les devises participent aussi à la fête
Un portefeuille mondial détient des actifs libellés ou économiquement exposés à différentes monnaies.
Dollar américain.
Euro.
Yen.
Et bien d’autres.
Pour une personne qui mesure son patrimoine en francs, les fluctuations de ces devises peuvent influencer le résultat.
Les stratégies ne gèrent pas nécessairement ce risque de la même manière.
Certaines expositions peuvent être couvertes.
D’autres non.
La couverture elle-même a un coût et son effet varie selon les mouvements de change.
Une fois encore, «passif» ne signifie pas que cette décision disparaît.
Quelqu’un doit la prendre.
7. Le rééquilibrage peut sembler banal. Il ne l’est pas toujours.
Supposons qu’un portefeuille commence avec des pondérations clairement définies.
Une région progresse fortement.
Une autre recule.
Quelques mois plus tard, le portefeuille réel ne ressemble plus exactement au portefeuille prévu.
Le rééquilibrage consiste à revenir vers l’allocation stratégique.
Mais tous les prestataires ne doivent pas nécessairement utiliser la même méthode.
Rééquilibrage périodique.
Seuils de tolérance.
Utilisation des nouveaux versements.
Ou combinaison de plusieurs méthodes.
Ces choix peuvent influencer les transactions et la performance réalisée.
Leur impact n’est pas nécessairement spectaculaire chaque année.
Mais l’investissement à long terme est justement un domaine où les petits écarts aiment prendre leur temps.
8. Les liquidités ne travaillent pas beaucoup
Même une stratégie annoncée avec une très forte part d’actions peut temporairement conserver une petite quantité de liquidités.
Après un versement.
Avant un investissement.
Pendant un rééquilibrage.
Ou pour régler certains frais.
Lorsque les marchés progressent, l’argent qui attend sur le côté ne participe pas pleinement à la hausse.
On parle parfois de «cash drag».
Pas très glamour.
Mais le rendement n’a jamais promis de l’être.
Une mise en œuvre efficace cherche donc généralement à éviter que des montants inutilement élevés restent longtemps non investis.
9. La fiscalité compte. Mais elle ne raconte pas toute l’histoire.
Dans la prévoyance suisse, la récupération de certains impôts à la source étrangers est régulièrement présentée comme un avantage.
Et elle peut effectivement améliorer l’efficacité d’un véhicule de placement.
Mais une meilleure efficacité fiscale ne garantit pas automatiquement une meilleure performance globale.
Pourquoi?
Parce que la performance nette est le résultat de l’ensemble du portefeuille.
Allocation.
Marchés.
Fonds.
Devises.
Rééquilibrage.
Fiscalité.
Coûts.
Mise en œuvre.
Un avantage fiscal peut donc être compensé ou dépassé par d’autres différences.
Nous avons consacré un Blog spécifique à cette question sur l’impôt à la source dans la prévoyance.
10. Et puis il y a les frais
Les frais sont faciles à voir.
C’est leur grande qualité.
Ils sont connus à l’avance et réduisent directement le rendement.
À portefeuille strictement identique, une solution moins chère dispose donc d’un avantage mathématique.
Mais les portefeuilles ne sont pas toujours identiques.
Une différence de frais doit alors être mise en regard des différences d’allocation, de risque et de performance nette.
La conclusion n’est donc ni:
Le moins cher est automatiquement le meilleur.
Ni:
Celui qui a obtenu la meilleure performance historique restera devant.
La réalité financière a malheureusement mauvais caractère.
Elle préfère les réponses nuancées.
Notre Blog sur les frais et la performance nette du pilier 3a explique comment comparer ces deux dimensions.
Alors, pourquoi Descartes a-t-il fait mieux que finpension sur cette période?
Revenons aux chiffres.
Dans le comparatif Evaluno au 30 juin 2026, Descartes Index Responsible 100 affiche une performance nette cumulée sur cinq ans de 40,87 pour cent.
finpension Global 100 affiche 34,66 pour cent.
L’écart est donc d’environ 6,2 points de pourcentage sur la période observée.
Ce que l’on peut constater:
les deux stratégies ont obtenu des performances différentes malgré une exposition aux actions très élevée.
Ce que l’on ne peut pas affirmer sur la seule base de ce tableau:
un facteur précis explique à lui seul cet écart.
Pour le démontrer, il faudrait réaliser une attribution de performance complète sur toute la période.
Il faudrait notamment reconstituer les pondérations effectives, les fonds utilisés, les modifications d’indices, les flux, les dates de rééquilibrage, les effets de change, les frais et les effets fiscaux.
Sans cette analyse, annoncer que les 6,2 points de pourcentage proviennent d’un facteur précis serait séduisant.
Mais spéculatif.
L’explication raisonnable est donc plus sobre.
Les stratégies ne sont pas identiques.
Et leurs différences de construction et de mise en œuvre ont rencontré des marchés qui, pendant cette période, ont favorisé certaines expositions davantage que d’autres.
Passif ne signifie pas absence de décisions
C’est probablement le malentendu le plus intéressant.
Une stratégie passive peut donner l’impression que personne ne décide plus rien.
En réalité, de nombreuses décisions précèdent sa mise en œuvre.
Quelle allocation?
Quelle part d’actions?
Quelles régions?
Quels indices?
Quels critères ESG?
Quels fonds?
Quelle gestion des devises?
Quel rééquilibrage?
Quelle structure fiscale?
Quelle part de liquidités?
Une fois ces choix effectués, la stratégie peut être mise en œuvre de manière systématique.
Passif ne veut donc pas dire absence de décisions.
Cela signifie surtout que les décisions sont définies à l’avance plutôt que réinventées chaque semaine en fonction des prévisions de marché.
Comment comparer correctement deux stratégies passives?
Commencez par vérifier qu’elles pratiquent à peu près le même sport.
Une part d’actions similaire.
Un niveau de risque comparable.
La même période.
Un univers de placement suffisamment proche.
Ensuite seulement, la comparaison des performances nettes devient vraiment intéressante.
Les frais doivent également être pris en compte.
Tout comme la composition du portefeuille.
La performance passée fournit une information réelle sur ce qui s’est produit.
Mais pas une promesse sur ce qui se produira.
C’est pourquoi notre comparatif des prestataires du pilier 3a ne se limite pas à un seul critère.
Conclusion
«Passif» est une description utile.
Mais elle ne suffit pas pour comprendre un portefeuille.
Deux stratégies peuvent utiliser des fonds indiciels, investir presque entièrement en actions et obtenir malgré tout des résultats différents.
Car entre le mot «passif» et la performance nette se trouvent de nombreuses décisions.
Indices.
Régions.
Fonds.
Durabilité.
Devises.
Rééquilibrage.
Liquidités.
Fiscalité.
Frais.
Chacune peut sembler petite.
Le portefeuille, lui, additionne tout.
Voilà pourquoi il vaut la peine de regarder au-delà de l’étiquette.
«Passif» indique comment une stratégie est mise en œuvre.
La performance dépend aussi de ce qui est effectivement mis en œuvre.
Questions fréquentes
Pourquoi deux stratégies passives ont-elles des performances différentes?
Parce qu’elles ne détiennent pas nécessairement le même portefeuille. Les indices, les régions, les fonds, les critères ESG, les devises, le rééquilibrage, les liquidités, la fiscalité et les coûts peuvent différer.
Deux stratégies avec 100 pour cent d’actions sont-elles directement comparables?
Pas entièrement. Une part d’actions similaire constitue un bon point de départ, mais les régions, secteurs, entreprises, devises et méthodes de construction du portefeuille peuvent être différents.
Pourquoi Descartes devance-t-il finpension dans le comparatif Evaluno mentionné?
Evaluno indique une performance nette historique plus élevée pour Descartes Index Responsible 100 que pour finpension Global 100 sur les cinq années se terminant le 30 juin 2026. Les chiffres seuls ne permettent toutefois pas d’attribuer cet écart à un facteur précis. Une attribution détaillée de la performance serait nécessaire.
Des frais plus bas ne sont-ils pas toujours préférables?
À portefeuille strictement identique, oui. Mais lorsque les stratégies diffèrent, les frais ne constituent qu’une partie de la comparaison. La performance nette, le risque et la composition du portefeuille doivent également être pris en compte.
La meilleure performance historique permet-elle d’identifier la meilleure stratégie?
Non. Les performances passées montrent comment une stratégie s’est comportée pendant une période donnée. Elles ne garantissent pas les résultats futurs.
Qu’est-ce que la Tracking Difference?
Il s’agit de l’écart entre la performance d’un indice et celle du fonds censé le reproduire. Les coûts, la fiscalité, les transactions et la mise en œuvre peuvent notamment contribuer à cet écart.
L’investissement passif est-il vraiment passif?
La gestion courante suit généralement des règles prédéfinies. Mais de nombreuses décisions doivent d’abord être prises concernant l’allocation, les indices, les fonds, les devises, la durabilité et le rééquilibrage. Passif ne signifie donc pas absence de choix.
Disclaimer: ce Blog fournit des informations générales et ne constitue pas un conseil individuel en placement, fiscalité, droit ou prévoyance. Les placements en titres comportent des risques. Leur valeur peut fluctuer et des pertes sont possibles. Les performances passées ne constituent pas un indicateur fiable des résultats futurs. Les performances mentionnées se rapportent à des périodes historiques et ne permettent pas de déterminer quelle stratégie obtiendra le meilleur rendement à l’avenir. Les différences entre stratégies peuvent résulter de plusieurs facteurs. Sans attribution complète de la performance, l’effet de chaque facteur ne peut pas être déterminé de manière définitive.